Chapitre 51
Les plantes médicinales

En se rendant chez Charles Provencher pour livrer des pièces électroniques, Matthieu en profita pour s’arrêter chez Alexanne afin de lui remettre l’enveloppe du père Collin. Mais il ne trouva que Tatiana dans la cour, en train d’arroser ses fleurs. Il s’approcha d’elle et lui demanda où était sa belle.

— Elle est partie dans la montagne avec son oncle pour aller chercher des plantes médicinales, l’informa-t-elle.

— Pourriez-vous lui remettre cette enveloppe ?

— Certainement.

— Je lui donnerai un coup de fil ce soir.

— Je lui ferai le message, mon beau Matthieu.

Il retourna à la camionnette en se demandant si c’était une bonne chose que sa belle passe autant de temps avec un homme aussi dangereux. Tandis qu’il poursuivait sa route dans le rang, plusieurs kilomètres plus loin, sur le flanc d’une montagne, Alexanne et Alexei déterraient de jeunes plants et les plaçaient dans de petits pots afin de les transporter jusque chez Tatiana. Alexei s’arrêta un instant pour regarder travailler sa nièce.

— Les plantes t’aiment déjà, constata-t-il.

— Tu comprends le langage des plantes ?

— J’ai compris celui des plantes, des arbres et des animaux, bien avant de comprendre celui des humains.

— Est-ce que tu entends aussi chanter l’eau ?

— Oui, et aucun ruisseau ne joue la même musique. L’eau qui ne bouge pas ne chante pas. Elle émet une sorte de bourdonnement.

— Tu ne peux plus le nier maintenant. Tu es véritablement un être magique. Mais tante Tatiana m’a dit que les fées développaient leurs dons dans un certain ordre. Elles commencent par voir, ensuite entendre et finalement ressentir. Alors comment se fait-il que tu puisses entendre l’eau chanter, alors que tu ne pouvais pas voir Coquelicot ?

— Pourquoi me poses-tu toujours des questions difficiles, grommela-t-il en poursuivant son travail.

— C’était surtout une réflexion. Je veux juste essayer de te comprendre.

Alexanne venait de se découvrir une passion. Arroser les fleurs, c’était amusant, mais transplanter de jeunes plants, en faisant bien attention à leurs racines, lui donnait davantage l’impression qu’elle faisait quelque chose d’important.

— Quand tu étais petit, est-ce que tu voyais des fées et des anges ? demanda-t-elle à son oncle.

— Je ne m’en souviens pas.

— Mais tu te rappelles avoir entendu parler les arbres.

— Je mémorise plus facilement ce que j’entends.

— Tiens, moi, c’est ce que je vois.

— Les arbres parlent entre eux et ils bavardent avec les fleurs qui poussent à leur pied. Je me souviens même d’un tilleul qui chantait pour endormir les petits oiseaux dans leur nid lorsque les parents allaient chercher de la nourriture. Sa chanson avait le don de me calmer, moi aussi.

Surprise qu’un végétal puisse avoir ce genre d’interaction avec un animal, l’adolescente fixa Alexei avec étonnement. Croyant qu’il était la cause de sa stupeur, Alexei baissa les yeux et s’éloigna d’elle.

— Ne pars pas ! s’exclama Alexanne.

— Je ne veux pas t’embêter avec mes histoires.

— Mais elles sont magnifiques ! Moi, je n’ai jamais rien vécu de tel.

— C’est étonnant, puisque Tatiana dit que tu es beaucoup plus forte que nous.

— J’ai du potentiel, c’est vrai, mais je commence à peine à me servir de mes yeux de fées. Toi, non seulement tu vois l’énergie, tu entends aussi parler les arbres, chanter les rivières et tu es capable de faire venir les objets jusqu’à toi !

— J’ai toujours fait ça et après, je n’ai plus jamais rien appris d’autre.

— Parce que tu t’es retrouvé entre de mauvaises mains, mais imagine un peu les pouvoirs que tu posséderais aujourd’hui si tu avais reçu l’enseignement d’une autre fée.

— J’y aurais probablement résisté…

Il plaça le dernier pot dans la caisse de bois.

— Reviendrons-nous chercher le reste des plants ? s’enquit l’adolescente en s’essuyant les mains.

— Pas avant d’être certains que ceux qu’on plantera à la maison survivront.

Il transporta la caisse de bois jusqu’à la brouette qui les attendait dans le sentier, plus bas dans la montagne, et retroussa ses manches pour la première fois depuis que sa nièce le connaissait. S’il était élancé et plutôt mince, Alexei avait des bras musclés. Toutefois, ils étaient zébrés de cicatrices. Alexanne aurait aimé le questionner à ce sujet, mais elle craignit qu’il ne l’abandonne dans les bois s’il s’agissait d’un sujet délicat.

— Me montreras-tu à quoi servent toutes ces plantes ?

Alexei se mit à pousser la brouette et l’adolescente marcha à ses côtés.

— Si tu veux, mais il faudra que tu écoutes bien ce que je te dis, parce que certaines d’entre elles sont mortelles.

— Mais à quoi ça sert d’élever des plantes qui tuent ?

— Quand on sait s’y prendre, on peut les transformer en médicaments très puissants. C’est la science des guérisseuses comme Tatiana.

— Est-ce qu’elle l’a acquise en Russie ?

— Je ne pense pas. C’est la femme qui possédait cette maison qui lui a tout montré. C’était une sorcière pas mal douée.

— Une sorcière ? s’effraya Alexanne. Est-ce qu’elle jetait des sorts ?

— C’est quoi un sort ?

— Changer quelqu’un en grenouille, obliger quelqu’un à nous aimer, faire arriver toutes sortes de malheurs à quelqu’un que l’on n’aime pas.

Il fut si surpris par sa description des sorcières qu’il ne sut même pas quoi lui répondre.

— Dans ce cas, dis-moi ce qu’est une sorcière, pour toi.

— C’est un nom qu’on donne parfois aux guérisseuses d’ici. Elles ne changent personne en animal.

— Ça me rassure.

Ils marchèrent en silence pendant quelques minutes, au grand soulagement d’Alexei.

— Est-ce que la secte est quelque part sur cette montagne ? lui demanda alors sa nièce.

— Tu poses beaucoup de questions.

— C’est ainsi qu’on apprend.

— Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, il y a plusieurs montagnes dans la région. Les plus grosses portent des noms, mais pas les petites. Il y a celle qui est juste derrière la maison de ma sœur, et celle-ci, pas loin derrière.

— Et celle de la secte ?

Alexei soupira, découragé.

— Ça ne te servirait à rien de le savoir.

— Je ne voudrais pas me promener dans les bois et tomber sur ces gens par inadvertance.

— C’est trop loin pour tes petites jambes.

— Pardon ! Je suis très douée en gymnastique !

— C’est quoi de la gymnastique ?

— Ce sont des mouvements qui font travailler tous les muscles du corps, comme la course, le saut, les pirouettes.

Il lui jeta un regard découragé. « Il ne connaît pas la moitié des mots que j’emploie », constata Alexanne. À sa grande surprise, son oncle déposa la brouette au pied d’un vieil arbre aux larges branches.

— Grimpe, ordonna-t-il à Alexanne.

— Quoi ?

— Il n’y avait pas d’arbres dans ta gymnastique ?

Une fois provoquée, Alexanne pouvait devenir aussi entêtée que n’importe quel Kalinovsky. Elle se mit donc à escalader le chêne et se rendit compte, au bout de quelques minutes, qu’Alexei la suivait.

— Arrête, fit-il lorsqu’ils furent près du sommet.

— Tu ne vas pas me demander de sauter, au moins.

— Si tu es une fée, tu devrais pouvoir voler, non ? Se moqua-t-il.

— Ce n’est pas drôle du tout, Alexei.

Il s’assit à côté d’elle sur la branche et lui pointa le nord.

— Tu vois la fumée, là-bas ?

— Oui, je la vois.

— Juste en dessous, c’est la secte.

— C’est à combien de kilomètres de la maison ?

— C’est quoi un kilomètre ?

— Décidément, il va falloir tout t’apprendre ! C’est une mesure de distance.

— Je sais seulement que c’est à plus d’une heure d’ici.

— Tu sais lire l’heure, mais tu ne connais pas les kilomètres ?

Il sortit une vieille montre de gousset de sa poche de pantalon.

— Où est la maison de tante Tatiana, à partir d’ici ?

Il tourna la tête en direction opposée.

— Elle est à droite de cette montagne, droit devant toi.

La forteresse du Jaguar s’élevait donc au nord-est de la propriété de la guérisseuse. Comment le mal et le bien avaient-ils pu cohabiter aussi longtemps dans la même région, sans qu’il n’y ait d’étincelles ?

— Maintenant, saute, la taquina Alexei.

— Si tu insistes, tu vas le regretter !

Son oncle redescendit sur le sol avec l’agilité d’un écureuil.

— Ça, c’est ma gymnastique à moi ! cria-t-il, les pieds sur terre.

Il s’assit près de la brouette et attendit qu’elle le rejoigne, une demi-heure plus tard.

— Pourquoi n’es-tu pas resté pour m’aider ? lui reprocha Alexanne.

— C’est ainsi qu’on apprend, répliqua-t-il en lui répétant ses propres paroles.

— Tu te dérides de plus en plus rapidement, si tu veux mon avis.

Ils poursuivirent leur route et arrivèrent à la maison à la fin de l’après-midi. Tatiana les attendait près d’un grand rectangle de terre défrichée, au-dessus duquel était tendue une toile semi-transparente à environ un mètre du sol. Curieuse, Alexanne toucha au tissu léger du bout des doigts.

— À quoi cela sert-il ?

— C’est pour protéger les plantes du soleil et des pluies violentes, expliqua Tatiana.

— Mais il n’y en avait pas, là où elles poussaient dans la montagne.

— Elles étaient protégées par les arbres, affirma Alexei en sortant la caisse de bois de la brouette et en la déposant sur le sol.

— Est-ce que je peux vous aider à les transplanter ? supplia Alexanne.

— Si tu veux, répondit Tatiana, à moins que tu ne préfères ouvrir l’enveloppe que le père Collin t’a fait livrer ce matin.

— Où est-elle ?

— Sur la table de la cuisine.

Sa curiosité l’emportant, l’adolescente courut vers la maison. Alexei posa aussitôt un regard reconnaissant sur sa sœur.

— Mes oreilles bourdonnent encore de toutes ses questions, grommela-t-il en commençant à sortir les plants de la boîte.

— À son âge, on veut tout savoir, Alexei.

Alexanne trouva l’enveloppe sur la table. Elle s’assit et déchira le papier pour aller plus vite. Un large sourire éclaira son visage lorsqu’elle y découvrit deux cartes du ciel, soit la sienne et celle d’Alexei. Elle se mit d’abord à lire celle de son oncle.

Un Scorpion ascendant Scorpion, cet homme possède une implacable volonté, une puissante capacité d’agir et une impressionnante intensité émotive.

Elle n’apprit rien sur Alexei qu’elle ne savait pas déjà. C’était un homme excessif en tout, qui n’avait pas peur du sacrifice et de l’effort. Il ne voulait surtout pas que les autres voient ses faiblesses. « Comme tous les Kalinovsky, quoi ! » pensa l’adolescente, amusée. Ses aspects planétaires indiquaient aussi qu’il manquait de tact, mais qu’il était d’une franchise exemplaire. Robuste physiquement, il ne reculait jamais devant le danger. La dernière partie de la carte du ciel intéressa davantage l’adolescente, puisqu’elle parlait de ses dons. Elle mentionnait, en toutes lettres, que son oncle possédait une intuition remarquable, qu’il pouvait presque lire dans les pensées des autres et qu’il avait le potentiel d’accomplir des miracles.

— Des miracles ? répéta Alexanne, impressionnée.

Elle bondit vers la porte grillagée, pour aller discuter de ces affirmations avec ses aînés, mais s’arrêta net devant le spectacle qui s’offrait maintenant à elle. À genoux dans le jardin, Alexei et Tatiana transplantaient les plants avec leurs mains, dont s’échappait une lumière blanche !

— Pourquoi me cache-t-il tout ce qu’il sait faire ? s’étonna-t-elle.

Elle voulut ouvrir la porte, mais Coquelicot atterrit aussitôt sur sa main et secoua la tête pour lui recommander de ne pas y aller.

— C’est tante Tatiana qui t’a demandé de jouer au chien de garde ?

La petite fée plaça ses poings sur ses hanches pour lui faire comprendre qu’elle n’appréciait pas cette comparaison.

— Est-ce qu’un jour, j’arriverai à faire ce qu’ils font ?

Coquelicot affirma que oui d’un signe de tête. Elle s’accrocha au pouce d’Alexanne qui retourna s’asseoir à table pour lire sa propre carte. Captivée par les couleurs sur le papier, la petite fée se mit à les suivre à quatre pattes.

Lorsqu’Alexei mit le dernier plant en terre, sous le regard satisfait de sa sœur, il était épuisé. Ses mains cessèrent de briller et il eut du mal à se remettre debout.

— C’est assez pour aujourd’hui, décida-t-il.

— Je suis bien contente que tu aies décidé de t’en occuper ici plutôt que dans la montagne, déclara Tatiana.

— Il faudra éventuellement révéler à Alexanne tout ce que nous savons faire, parce qu’il est certain qu’elle finira par nous voir soigner les plantes avec de la lumière.

— Chaque chose en son temps, petit frère, chaque chose en son temps.

— Elle m’a dit qu’elle n’entendait ni les plantes ni les arbres, mais qu’elle avait commencé à voir leur énergie.

— Cela ne saurait tarder. Elle progresse très rapidement.

Ils allèrent laver leurs mains dans l’eau fraîche du puits, contents de leur travail.

 

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